27 avril 2006


La pratique du Gong Fu Cha implique des gestes précis qui participent à la qualité de l’infusion, puis des gestes que je qualifierai d’apaisants, ceux qui appellent le vide de l’esprit en même temps qu’ils servent la dégustation. Mais culotter une théière est aussi un acte de tendresse. Passer un pinceau sur les flancs généreux d’une Yixing a quelque chose qui dépasse la raison. Ces rituels répétés sans cesse tout au long de la dégustation sont comme un remerciement au talent exprimé par l’instrument, l’objet et bien sûr par l’artisan qui, en amont, a mis tout son savoir dans la réalisation de la poterie. Le dégustateur se doit de rendre cet hommage.

3 commentaires:

Philippe a dit…

J'ai les larmes aux yeux quand je regarde ta photo, car cette théière ressemble comme deux gouttes d'eau à ma théière à Pu Er de la M3T que je viens de casser cette semaine... ! Une stupide manipulation qui me prive désormais d'un fidèle "compagnon de route" sur le chemin du thé... Dur, très dur !

Raphael a dit…

C'est dur. Mais cette expérience est là pour te rappeler qu'il n'est pas sain d'attacher trop d'importance à l'objet, que l'objectif premier est l'infusion et qu'il y aura d'autres moyens de toucher le ciel.
Cela peut paraître facile à dire pour moi mais reconnais qu'il y a une part de vrai.
Il faut prendre cette étape comme une renaissance de ton histoire de dégustateur. Et ça, c'est passionnant.

lionel a dit…

Belle philisophie Raphaël...et belle photo aussi..Il en ressort une ambiance chaude et protectrice...reflet d'un moment à part...d'une parenthèse dans la marche des évènements de ce monde...