23 mai 2007


Initiation.
Toute activité, qu’elle soit professionnelle ou privée, requiert un apprentissage, une formation, une transmission progressive d’un savoir et une remise en cause permanente de l’acquis.
Je souhaiterais initier un ami au thé et plus précisément au Pu Er.
Il me semble important de marquer l’esprit dès la première expérience et tenter de déclencher ainsi l’amorce d’une éventuelle passion.
Le choix d’un premier thé peut donc avoir un rôle important dans la réussite de cette entreprise.
Je souhaiterais savoir quel thé vous recommanderiez à un débutant.
Puis dans un deuxième temps, quelles sont, selon vous, les étapes importantes sur la route des Pu Er et des wulong (thés, pratiques...).
Je précise que je vais lui confier un zhong dans un premier temps.

15 commentaires:

lionel a dit…

Etrange coïncidence Raphaël : je viens d'offrir à mon petit frere pour ses 26 ans un zhong, du shui xian 1 et du mi lan xiang 1. Il m'a dit être plus attiré par ces wulongs que par le pu er dans un premier temps. Il va recevoir le colis dans les jours qui vienent.
Que te dire sur les pu er ? Moi je commencerais bien comme j'ai moi meme commencé : par le vrac 1992/15, mais je ne sais pas si tu en as encore...Les 3 derniers vracs 22/23/24 sont aussi jolis, le 24 peut etre trop typé selon moi...Commencer par le zhong me semble idéal en effet. Lui montrer la différence entre quelque chose de cuit (notes pâtissières et/ou terre humide) et quelque chose de jeune (végétal, floral). Lui montrer visuellement les differentes formes de compression du pu er....
Bref, tu as de quoi faire...C'est très émouvant de faire ce genre de chose, je ne sais pas si tu le ressens aussi...

jeancarmet a dit…

Sujet intéressant mais pas si évident, car cela dépend aussi du caractère de la personne, si elle a déjà une expérience dans le thé ou dans le vin.

En partant d'une expérience nulle, je tenterai une approche ludique et facile avec un cube 1987.

Pas de dosage à faire, un face à face direct avec la "science" du temps d'infusion et un goût qui suscite forcémment l'intérêt.

Quoiqu'il en soit je partirai sur du cuit (ou assimilé) de belle facture.

Philippe a dit…

Ta photo me fait beaucoup rire Raphaël : le type de gauche ressemble très très vaguement à Gilles de la M3T... On a l'impression qu'il reste stoïque et maître de lui-même, comme à son habitude, face à un client totalement hystérique qui lui gueule dessus car il vient de voir les prix des thés !! J'adore cette scène.

Sinon pour ta question : les trois vracs 96-97-98 me paraissent à moi aussi tout à fait appropriés pour l'initiation. Les Dong Ding d'entrée de gamme sont bien sympas également pour découvrir les Wulongs.

Le Zhong, oui pourquoi pas mais son utilisation peut rebuter un débutant (risques de brûlures). De plus, je trouve que la théière apporte d'autres aspects très séduisants : mémoire, culotage, beauté de l'objet, odeurs des feuilles à l'intérieur, pratique du Gong Fu Cha, etc... La petite théière fabriquée en série par Maître Tseng (la noire) a définitivement basculé ma vie le jour où je l'ai eue en main pour la première fois sur place en dégustation à la M3T !! J'étais fasciné par l'objet et les nombreux accessoires plus que son contenu.

bejita a dit…

comme jeancarmet , avec le peu d'experience que j'ai , je proposerai aussi un demarrage par du cuit , quelquechose de long et rond en bouche .il est vrai que lorsqu ' on debute on est attiré plus facilement vers les oolongs , plus "faciles " d'acces .
e ntout cas bonne chance dans ta perigrination didactique et pedgogique.et je terminerai sur ces mots :
-vous allez aimez le pu'erh bandes de sac à foutre

-chef oui chef !!!
:-D

Raphael a dit…

Merci à vous tous.
Oui, je trouve ça excitant d'initier quelqu'un au thé. Forcément, on repense à ses premières expériences. Mais il faut admettre le risque de l'échec.
Mon oiseau est raisonnablement dégustateur de vin et de Whisky. Cela peut aider ou pas. J'ai choisi le zhong car il permet de se concentrer sur le thé. Un GFC avec 1000km de distances, ce n'est pas simple à expliquer. Et puis le zhong est tranchant dans sa restitution des arômes et des saveurs. Il faut mériter la rondeur, la mâche de la théière. Le cube a l'avantage de la simplicité mais les premières infusions sont plus délicates qu'il n'y paraît. On peut facilement basculer dans le lourd et le flou. Et puis, peser ses feuilles permet d'entrer dans le jeu. Les nouveaux vracs ont un point fort: leur prix. Je pense que le vrac 23 est trop pointu pour un débutant. Il me semble que le vrac 22 est le plus facile d'accès, sinon, j'aurais bien vu une galette n°4 ou une 8 mais c'est un investissement trop important. Je ne veux pas non plus brouiller les pistes en offrant en même temps toute une palette de wulong. Je pense que je vais procéder par petites touches avec des échantillons et une base de vrac 22.

tamaryo a dit…

Moi je propose la galette N°31 1998

Philippe a dit…

La galette n°8 de 1985, tu peux l'oublier, je voulais l'acheter, ils n'en ont plus.

Philippe a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
florian a dit…

Salut Lionel,

Très intéressante démarche à faire que d'initier quelqu'un, mais délicate toutefois...
Si je suis parfaitement d'accord avec le choix du zhong plutôt que la théière, je ferais deux remarques par rapport à ce qui a été dit jusqu'ici. La première concerne le pu er cuit: pour ma part, si mon premier contact avec le pu er à effectivement été un cuit, la première fois que j'ai réellement apprécié un pu er et qu'il m'a véritablement intéressé, ça a été avec un cru... Je m'explique: un cuit mal préparé peut rapidement devenir massif, sourd, vaseux... et pour le débutant, la vision d'une liqueur noire s'apparente singulièrement à une tasse de tourbe! De ce fait, j'hésiterais à lancer quelqu'un dans cette voie, surtout s'il va réaliser sa première expérience seul... si tu peux lui montrer à quoi doit ressembler le résultat avant, ça peut éventuellement passer. Je commencerais je pense plutôt par un cru bien arrondit, racé tout-de-même, boisé, que je lui conseillerais de doser faiblement, et de tirer un peu plus longtemps jusqu'à trouver une liqueur qui lui plaise... Ma deuxième remarque est au sujet de l'envoi de plusieurs échantillons: une des difficulté principale pour un novice est de cerner un thé, de l'apprivoiser. Un envoi de multiples échantillons ne fait qu'accentuer cette difficulté, et je choisirais plutôt 2 ou 3 thés de qualité bien typés, que j'enverrais en quantité suffisante, pour permettre de bien cerner les produits et ce qui plaît/déplaît chez chacun, ce qui permettra d'orienter la sélection suivante...
Finalement je ferais donc une sélection d'un oolong léger (Baozhong, Si Ji Chun), d'un oolong torréfié (Tie Kuan Yin, WuYi) et d'un puerh selon les critères ci-dessus...

florian

Raphael a dit…

Je suis d'accord avec Florian sur le dosage en zhong. Je trouve qu'une approche avec 2 ou 3g max permet de faire varier les durées d'infusions et de s'amuser à comparer les résultats. Je pense qu'un cru a l'avantage de donner de bonnes habitudes mais c'est souvent un investissement assez élevé. Je n'ai pas envie d'acheter une galette 31 rien que pour tenter l'expérience. Mais sur le principe, je pense effectivement qu'il vaut mieux passer du cru au cuit que l'inverse.
Reste un point qui me semble intéressant à développer: les habitudes en matière de dégustation d'eau. Pour mon ami, l'eau locale est bien car très neutre. Si je lui demande de me décrire l'eau, il m'indique qu'elle est proche de la Volvic. La Volvic est très bonne mais très loin de l'idée que je me fais d'une eau neutre. Une eau passée à la Brita paraît plus "liquide", transparente et acide qu'une eau minérale. Il faut aussi apprendre à faire ce genre de distinctions car l'influence de l'eau sur le résultat est énorme.

jeancarmet a dit…

"Mais sur le principe, je pense effectivement qu'il vaut mieux passer du cru au cuit que l'inverse."

Je pense tout le contraire mais au final j'imagine qu'il n'y a pas de règles.

Chacun fera d'après sa propre expérience et en fonction des émotions qu'il a lui même ressenties.

Et puis tout dépend du "centre d'intérêt réel" du potentiel consommateur : le parfum ? Le céremonial ? La persistance en bouche ?


Il se trouve qu'en ce moment j'initie quelqu'un et le cuit est parfait : Feng Qing 2001 et Cube 87 font son bonheur.
Ce qui plait à mon Padawan ce n'est pas le goût immédiat mais la longueur en bouche qui tapisse son palais.

En tout cas ça fait débat ! C'est bien ! Bonne idée Raph' !

Michel a dit…

Raphael,
je ferai d'abors un premier scan, pour comprendre l'affinité
Je fais cela régulièrement et c'est pas toujours facile. Donne lui un ou thé différent toutes les ssemaines

un baozhong ou tie guan yin

un dong ding torréfié

un pu ehr cru

un cuit
en zhong

Un ange passe a dit…

Oui je suis un peu de l'avis de florian.

Un Oolong léger et un torréfié puis un pu erh suivant ce qu'il à aimé au niveau des Oolong.

Mais pas trop de choses d'un coup il risque de se noyer sinon !

L'image c'est bien full métal jacket du magnifique kubrick ?

Raphael a dit…

C'est bien ça.
Une scène de la première partie du film dédiée à l'instruction et aux conséquences de sa rigueur.
Un monument !
Pour ce qui est du thé, la difficulté est de faire comprendre que le Pu Er est à part et ne constitue pas juste une autre famille de thés qui sent la tente de scouts, pour reprendre la première remarque de mon épouse bien avant qu'elle ne carbure au carré 79.
Je voudrais séparer, peut-être un peu théâtraliser, cette famille pour mieux faire prendre conscience de sa particularité.
Mais je vais aborder le sujet avec Docteur Gilles la prochaine fois.

Anonyme a dit…
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