17 juillet 2007





De retour de Vienne, il me tarde de déguster tous azimuts !



La tête encore pleine de souvenirs, je passe en revue les bons moments de vie passés dans cette ville miracle.




Le charme des ruelles où le calme est souverain.












Les avances de la capitale autrichienne sont à peine dissimulées et oublier Paris pour quelques jours devient délicieux.









Celles-ci ne sont rien que pour toi, Michel:











Entre deux visites de palais, le temps s'arrête dans la fraîcheur d'un café typiquement viennois.



Ci-dessous, le Café Central, retrouvé avec plaisir et par chance pile en face de l'hôtel.



Quel plus vénérable QG espérer ?




Mais, le soir venu, lorsque la crème fouettée est rangée et que la ville s'encanaille, les cafés prennent des teintes et reflets plus suggestifs...










Plus tard encore, lorsque les jambes peinent à porter les restes du touriste conquérant, il est temps de retrouver l'ambiance feutrée de l'hôtel pour une dégustation de thé vert.









Comme Bejita, je cède à la vogue des autoportraits.




Comment ça, de la triche ?












Un peu d'énergie retrouvée, le bar nous tend les bras pour des breuvages plus ... adultes ?









Voilà, c'était juste une petite promenade que je voulais vous faire partager.






A l'Ouest, du nouveau...


Notre sympathique Sacha m'a très gentiment adressé des échantillons de thés qu'il pratiquait chez Camellia Synensis avant de partir à l'aventure dans le grand Ouest.

Parmi ces références, figurait un remarquable wulong répondant au doux nom de Shan Linhsi. Ce bleu-vert de Taiwan est une merveille de légèreté et de délicatesse parfaitement de saison.

Herbe fraîche, une touche de vanille et surtout un étonnant nez de queue de cerise.
Mais n'allez pas croire que cela manque de fond. Il y a de la matière, un rendu huileux à souhait mais sans lourdeur.

Je vous renvoie à la fiche descriptive très bien réalisée du site:


Vivement recommandé d'autant que parfaitement abordable.

02 juillet 2007





Chers Tous,




Il est temps pour moi de me retirer à Vienne pour une semaine de repos. C'est avec une grande joie que je retrouverai pour la 3ème fois cette ville que j'affectionne particulièrement. Vous trouverez ci-contre un cliché pris au Café Central, vieille institution où il fait toujours bon se rafraîchir après une journée de promenade sous le soleil.


J'emporte avec moi un thé vert (Zhu Yé Quing) tout frais de la M3T, un Dan Cong (Mi Lan Xiang 5) et peut-être un Pu Er léger (quelques feuilles de briquette Mengku pourraient faire l'affaire) ainsi qu'un zhong. Le concierge de l'hôtel est prévenu qu'une bouilloire serait la bienvenue dans la chambre. Je ne bouderai pas pour autant le vin blanc, spécialité de la région et le schnaps à la pomme que l'on peut déguster sous la tonnelle des Heuriger.


Mais la boisson numéro 1 lorsque l'on visite Vienne reste le chocolat, mit schlag, bitte !
Le journal du jour, un chocolat et peut-être un quatuor de Mozart, avec pour seule mission de regarder les calèches battre le pavé.

Comme nous l'avions évoqué il y a quelques temps, cette escapade sera l'occasion de faire monter le (relatif ) manque de thé, d'interrompre le rituel du Gong Fu Cha, sans toutefois couper totalement le lien. Je souhaite de bonnes vacances à ceux qui en prendront et du courage aux autres.

Je serai de retour dans huit jours puis repartirai pour une seconde destination dont je vous reparlerai.

27 juin 2007


J'ai goûté ce thé à plusieurs reprises depuis sa livraison.
Hier, j'ai dégusté à nouveau cette référence et considéré qu'elle avait suffisamment reposé chez moi pour pouvoir vous en parler.
C'est l'archétype du Pu Er cuit. C'est sucré, très boisé, iodé, presque salé, persistant mais aussi long en bouche. Un sentiment personnel: à mi-chemin entre la sauce soja et le viandox avec une pointe d'eau de mer et de tourbe. C'est pas mal. Plutôt plaisant sur le coup. Ca tient bien les infusions... plus qu'on ne l'aurait souhaité. Au moins, on est loin des cuits sans personnalité.
Je dédie cette dégustation à tous les amateurs de Pu Er raffinés, à tous ceux qui se privent, économisent pour déguster de belles choses, à tous les esthètes où qu'ils se trouvent.

24 juin 2007



Rien de tel qu'un dimanche au calme pour déguster un thé du Rocher, en l'occurence un Da Hong Pao 4. Dosé à 7g en théière yixing de 16,2 cl, ce thé puissant mais délicat est une invitation à la gourmandise. Les notes toastée, patissières caractéristiques de cette famille de thés sont bien présentes. Un sentiment de financiers sortant du four. Vanille, épices, mais aussi un parfum floral, sucré, de cire. Un arrière goût végétal enfin, à la manière de certaines courges. Au fil des infusions, la bouche perd un peu de sa grande force et laisse place à une saveur de confiture de poire, de coing, de pain grillé, de pâte d'amande plus apaisée.



Les infusions se succèdent sans chute brutale de précision, de matière. Il faut connaître un tel thé, un thé de sensations physiques, qui interagit avec le corps du dégustateur. Le souffle, l'énergie, le sentiment de satiété en sont affectés. La variété des Rocher est très nourrissante mais paradoxalement me déclenche d'intenses fringales quelques heures plus tard.


Il faut se frotter au Da hong Pao 3 pour comprendre que l'on peut aller encore beaucoup plus loin dans le raffinement et toucher du doigt une sorte de perfection dans la riche famille des Wulong. Hélas, le cap à franchir se paie. Mais il faut s'offrir au moins une fois le voyage pour comprendre toute la richesse de cette famille.

La dégustation est à présent terminée. La théière a oeuvré avec talent et l'expérience de nombreuses années. Elle a permis de sonder les arcanes du thé, notamment grâce à sa faculté de conserver une très haute température durant les infusions, même les plus longues.

20 juin 2007

Histoire d'une dégustation exemplaire.

Notre expérience des maisons de thé sérieuses et des aléas du Net nous invitent depuis plusieurs mois à la prudence et à acheter parcimonieusement dans l'espoir de bonnes pioches.
L'annonce de Scott était alléchante. Pur Ban Zhang 2006 et non un vulgaire blend à 10 ou 20%, une grande douceur, des arômes pénétrants, etc...
Notons qu'il s'agit d'un produit relativement cher pour de l'import en "loucedé" sans les frais d'une boutique en ville puisque cette briquette de 90 g coûte 15,50 $.
Passons aux commentaires de dégustation.
"The same procedure as every year, James": 2g/zhong infusions de 30" à 1'.
Dès le rinçage des feuilles, j'ai eu le sentiment que la page était tournée, celle des rince boyaux que l'on déguste en grimaçant et en se disant: "beuark ! y du potentiel, ce sera au top dans 47 ans et 3 mois!". Non, là on est dans un registre qui évoque déjà les mouvements lents des symphonies de Bruckner. Pardon, je divague. C'est fruité (abricot, pêche, papaye, lychee), pure comme du cristal, très complexe, d'une longueur en bouche interminable, l'amertume est presque impalpable mais donne assez de relief à ce thé très orchestré et homogène. Et même si l'on n'a pas le gras d'une galette 45 par exemple, on n’est pas loin en dessous à mon goût. L'un des deux ou trois plus beaux Pu Er jeunes qu'il m'ait été donné de déguster.

13 juin 2007




Maîtriser les éléments est une quête dangereuse et source de déceptions. Pauvres mortels que nous sommes, condamnés à accepter les lois de Dame Nature. Le dégustateur doit se contenter de surveiller les caprices du ciel, en profiter parfois, offrir un bol d'air humide, toutes fenêtres ouvertes à ses précieux Pu Er; s'en protéger en d'autres circonstances, occulter la lumière, fuir la sècheresse et le froid. Mais que penser d'une telle ambition sur une période se mesurant en années... Si facile à relever était le défi sur quelques mois, si périlleuse et inaccessible semble l'épreuve sur une, deux décennies.
Les changements qui accompagneront la vie du dégustateur, les déménagements, les odeurs et autres bouleversements qui émailleront les conditions de stockage des précieuses feuilles seront autant de points d'interrogation à l'ombre desquels il faudra apprendre à évoluer. Alors, mesurons, mesurez le poids du temps qui va s'écouler avant que vos thés ne puissent se révéler à votre palais. Et qui sait... puisse votre patience être récompensée.

09 juin 2007

Prendre le temps de soigner les théières.
Les remercier pour leur office, leur capacité à rendre et même magnifier les précieuses infusions. Savoir les choyer. Absorber l’eau de débordement qui se dépose sur le pourtour du couvercle et sous le bec afin d’éviter la formation d’un dépôt. Appliquer le pinceau sur les flancs de la théière, absorber l’eau qui pourrait stagner sous son corps. L’ébouillanter après la dégustation afin que l’humidité s’évapore rapidement puis brosser à chaud pour lisser, uniformiser les huiles essentielles qui auront transpiré et éliminer les dépôts de surface. Puis, retourner la théières et la laisser sécher en permettant à l’air de passer dessous pendant une journée entière afin d’obtenir un séchage complet.
Je ne suis pas de ceux qui pensent que la théière importe peu, qu’elle ne se bonifie que modérément. J’ai vécu pendant de nombreuses années avec mes théières, je les ai observées, écoutées. J’ai fait toutes sortes de tests, de comparaisons. Je les ai vu grandir, prendre de l’assurance. J’ai étudié leurs limites, leurs forces. J’ai appris les talents de chacune d’entre elles, les tâches dans lesquelles elles excellaient. Oui, une théière de potier se bonifie avec le temps et se culotte. Oui, elle donne à l’infusion la rondeur, l’homogénéité et l’orchestration nécessaires. Oui, elle conserve la chaleur nécessaire aux infusions les plus longues, ce que ne sait pas faire le zhong. Telle théière taiwanaise permettra l’analyse des composantes aromatiques d’un Wulong ou d’un pu Er. Telle Yixing ancienne guidera le dégustateur jusque dans les arcanes de tel Pu Er ou de tel Wulong de prestige. La forme de la théière facilitera les manipulations : une théière haute sera mieux adaptée à un Rocher ou à un Dan Cong aux longues feuilles, une théière basse et évasée offrira l’espace nécessaire à un Tie Guan Yin aux feuilles roulées en boules. Et puis, enfin lors de l’acquisition, se produira souvent l’inexplicable, cette étincelle qui fait choisir à la théière son maître, plutôt que l’inverse. Pour une couleur, une forme, un grain de peau, un volume, une origine, une originalité, l’évidence s’imposera au dégustateur, coûte que coûte.

03 juin 2007




Journée de rangement !




Galettes, briques, carrés, cubes, boîtes, vracs, papiers, théières, plateau, bols, tasses, pinceaux, au secours !

De l'ordre !

Le dégustateur qui ne veut pas vieillir seul doit s'astreindre à un minimum de discipline et un maximum sera copieusement apprécié.

Ce lumineux dimanche de printemps a donc été consacré à un ordonnancement rigoureux. Vérification du stock, descente à la cave des jeunes Pu Er crus et des cuits qui ne donnent pas envie.










Mise en jarre et en boîte des stars du moment, alignement des boîtes, repos des yeux de l'esprit.

Quoi de plus satisfaisant qu'une dégustation d'un vieux thé blanc au jasmin oublié depuis huit mois et encore tout à fait digne. Comme une récompense après une heure de travail appliqué.

02 juin 2007


Vague surréaliste

N’avez–vous jamais eu le sentiment que la réalité vous échappait, que vous viviez les évènements dans un univers parallèle, que la réalité était si déconnectée de la norme qu’elle en devenait à peine croyable ?

Ces instants peuvent inquiéter, donner le sentiment que l’on ne maîtrise plus rien mais également inspirer confiance, laisser penser que l’aventure de la vie laisse réserve encore quelques surprises.

Hier, par exemple, lorsque de retour du bureau, je me prépare, en guise d’apéritif un Mi Lan Xiang 5 en écoutant le second trio de Schubert, et que je laisse venir calmement et seul, le sentiment du week-end, tentant de relâcher mes mécanismes de veille, les sentinelles qui oeuvrent à laisser émerger en permanence les arrêtes les plus saillantes des soucis du quotidien. Je suis bien, presque détendu, uniquement occupé à puiser dans le couvercle renversé de mon zhong les parfums les plus délicats.

L’œuvre s’achève et appelle un bref silence de remerciement.

Puis, j’allume la radio et replonge dans la réalité mais curieusement pas dans celle qui nous rattrape toujours, non, plutôt dans une espèce de palier de décompression encore baigné de surréalisme.
J’apprends que la cousine de Ségolène Royal est élue Front National (premier choc) et vient de s’enchaîner (second choc) pour la nuit à un pied de vigne afin de militer pour la cause des viticulteurs.
Il me reste à renverser la tête en arrière, relancer la bouilloire pour la prochaine infusion et me dire que la vie est formidable.


27 mai 2007


Je profite de ce dimanche calme et reposant pour descendre à la cave et explorer mon stock de Pu Er en quête de quelque découverte et de bonnes surprises. Au rang de celles-ci, figure ce carré de la CNNP millésime 2004 que j'avais acheté en nombre sans l'avoir goûté pour l'instant.
Je m'attendais à devoir affronter la face nord de l'univers des Pu Er crus et pourtant, un assez bonne surprise m'attendait au détour de cette dégustation. Une infusion jaune d'or, une bouche légère avec juste ce qu'il faut de gras. Une belle complexité, une amertume discrète, un fruité élégant, un nez de noisette grillée, enfin un après goût de noix. Une certaine réserve d'ensemble plutôt rassurante. A attendre sereinement.

23 mai 2007


Initiation.
Toute activité, qu’elle soit professionnelle ou privée, requiert un apprentissage, une formation, une transmission progressive d’un savoir et une remise en cause permanente de l’acquis.
Je souhaiterais initier un ami au thé et plus précisément au Pu Er.
Il me semble important de marquer l’esprit dès la première expérience et tenter de déclencher ainsi l’amorce d’une éventuelle passion.
Le choix d’un premier thé peut donc avoir un rôle important dans la réussite de cette entreprise.
Je souhaiterais savoir quel thé vous recommanderiez à un débutant.
Puis dans un deuxième temps, quelles sont, selon vous, les étapes importantes sur la route des Pu Er et des wulong (thés, pratiques...).
Je précise que je vais lui confier un zhong dans un premier temps.

19 mai 2007

La sensibilité à la chaleur éloigne certains d'entre nous de l'usage du zhong pour les wulong et les Pu Er. C'est bien regrettable car la précision de cet instrument pour les Pu Er jeunes et les wulong me semble sans rivale. Une technique éprouvée et un remplissage précis du zhong permet toutefois d'éviter le pire. Vous pourrez consulter, à cet effet, la leçon vidéo de Maître Christophe sur son blog.
En pratique, même en veillant à ne pas trop remplir le zhong et en le tenant par les bords les plus éloignées, on arrive à se brûler surtout lorsque l'infusion a duré plusieurs dizaine de secondes et que la porcelaine est bien chaude.
Reste la solution d'utiliser un zhong à bords larges et évasés comme celui qui figure au second plan de ma photo. Il est un peu plus grand que le modèle de la Maison des Trois Thés au premier plan. Les deux sont très fins et montent très vite en température. Le raffinement du zhong de la M3T est certes plus évident, il s'agit à coup sûr un instrument de grande précision mais celui provenant de Yunnan Sourcing au second plan a pour lui un argument de poids: il coûte 3,80$ et ne se transforme pas en instrument de torture pour les utilisateurs les plus sensibles à la chaleur.

16 mai 2007


Après cinq années aux affaires, ma bouilloire électrique a rendu l’âme. L’intérim a été assuré par ma bouilloire en terre de la Maison des Trois Thés, conformément à la législation. Aujourd’hui à 11 heures, selon le protocole en vigueur, la nouvelle bouilloire élue prendra ses fonctions.
Les témoins autorisés dresseront rapidement un bilan de ce quinquennat passé : ils loueront la rapidité d’action de ma bouilloire sortante, son sens des responsabilités, sa prise de position tranchée dans l’affaire du vrai faux Pu Er du Net.
La bouilloire élue choisit de placer son mandant sous le signe de la rupture : la capacité à choisir des températures intermédiaires, le maintien de la température, la politique de silence de fonctionnement. Des choix audacieux qui placeront l’ère future sous le signe d’un profond renouveau. L’expérience du quotidien nous apprendra si ces orientations peuvent témoigner d’un nouvel élan positif.
Mes Chers Compatriotes : Vive l’eau bouillie, vive le thé, vive la France !

11 mai 2007




Savoir goûter le manque.
Dans tout apprentissage d’une passion, il est important de jauger le niveau atteint par des privations passagères.
Je m’absente trois jours de Paname et de ses thés envoûtants.
Je n’emporte rien pour mieux apprécier la rupture.
Je vais demeurer à l’écoute de mon corps de ses requêtes pour mieux le servir à mon retour.
Cette retraite des sens aidera à purger les souvenirs récents de dégustation.
Puis, à mon retour, je disposerai de quelques jours de congés pour replonger intensément dans les plaisirs du thé.
Une renaissance nécessaire.

10 mai 2007


Zhi Lan Xiang 1

Dernière de mes découvertes dans le monde des Dan Cong. Symbole fort d'un équilibre presque

parfait. Sorte de quadrature du cercle. Un nez de fruit d'été (abricot, pêche, poire et même des notes de fruits rouges) mais également des notes patissières, de crème d'amande d'une grande subtilité. Peut-être le wulong le plus difficile à décrire qui m'ait été donné de goûter. Une infusion jaune pale qui cache ses richesses. Au fil des infusions, un parfum de cuisson de confiture de citron me parviendra. Et toujours une mâche, une profondeur, une présence qui sont la marque des très beaux thés.

09 mai 2007





Chers Tous,


Comment comprendre l'univers complexe et tellement riche du thé sans quelques rudiments de chinois en poche.

J'ai donc décidé de vous offrir votre première leçon de chinois.

Rémi ?!? La fiche, s'il te plait !


1) That's not right....................... Sum Ting Wong

2) Are you harboring a fugitive? ...... Hu Yu Hai Ding

3) See me ASAP.......................... Kum Hia Nao

4) Stupid Man............................. Dum Fuk

5) Small Horse............................. Tai Ni Po Ni

6) Did you go to the Beach? ............ Wai Yu So Tan

7) I bumped into a coffee table........ Ai Bang Mai Fa Kin Ni

8) I think you need a face lift........... Chin Tu Fat

9) It's very dark in here................... Wao So Dim

10) I thought you were on a diet.... ....Wai Yu Mun Ching
11) This is a tow away zone.............. No Pah King

12) Our meeting is next week........... Wai Yu Kum Nao

13) Staying out of sight................... Lei Ying Lo

14) He's cleaning his automobile.......... Wa Shing Ka

15) Your body odor is offensive........... Yu Stin Ki Pu

16) Great.................................... Fa Kin Su Pah

Cette leçon est en cours de traduction pour les classes de francophones.

Bon travail !

De rien...


22 avril 2007


A la recherche d'un sentiment estival propre à célebrer l'arrivée des beaux jours, je me lance dans l'exploration d'une famille de thés vantée pour sa richesse et sa délicatesse: les Dan Cong.

Les premiers à passer ma porte sont les Mi Lan Xiang 3 et 5. Dans les deux cas, nous avons à faire à de très beaux thés. Le premier bien que plus simple offre sa vivacité, son opulence, une spontanéité sur des notes de mangue fraîche. Un délice !



Le second, en grand seigneur, présente une très louable complexité, une variété de parfums de fruits frais d'été: mangue toujours mais aussi pêche et peut-être aussi un soupçon de sirop maison de fraises, comme un appel à de lointains souvenirs d'enfance.

16 avril 2007


J’ignore ce qu’il en est pour vous mais l’arrivée des chaleurs de l’été rogne mon élan de dégustateur. J’ai tendance à associer le thé aux saisons les plus fraîches ou au moins les plus tempérées. Par ailleurs, les conditions occidentales de dégustation en milieu sec et frais sont très différentes de celles rencontrées en Chine. Il est probable que l’approche s’en trouve modifiée et que les dégustations soient très différentes. Dès lors, notre perception de tel ou tel cru est certainement influencée par notre environnement un peu à la façon dont notre perception musicale est dépendante de l’acoustique du local d’écoute.
J’ai personnellement noté des différences entre les dégustations d’un même thé à des époques différentes de l’année. Une certaine chaleur humide mais sans excès me semble booster les sensations lors de la dégustation mais perturber la concentration du fait de la montée en température du corps.
Les conditions idéales me semblent pouvoir être approchées avec une combinaison de douceur et d’humidité comme après une pluie de printemps ou de début d’automne.

15 avril 2007


Rien de bien neuf sur Blackteapot.
Juste une soirée de dimanche propice à la dégustation.
La douceur de cette fin de journée assure une température idéale de la pièce. Ni trop chaude, ni trop fraîche. Les parisiens sont encore sur la route du retour des vacances ou de week-end, même le XVème arrondissement est calme et silencieux. Ce qui est rare et précieux. Les souvenirs d'un dîner avalé très tôt, à l'anglaise diraient certains, laissent place à une série de dégustations détendues mais studieuses.
Un vrac n°22 chargé à 4g en Yixing suivi d'un vrac n°23 dosé à 2g en zhong. Il est encore tôt et il n'est pas exclu que d'une main fievreuse, j'approche la jarre contenant des références plus prestigieuses. Qui sait...

11 avril 2007


Magique !
Comme me l'a conseillé Madame TSENG, j'ai pris une seule et unique feuille de la galette 2005 n°45 et l'ai fait infuser 15 minutes. Etonnant: le résultat est plein, riche, homogène, fruité, complet. Une vraie dégustation de grande classe. Mais ce n'est pas tout: j'ai renouvelé l'opération une deuxième, une troisième et une quatrième fois avec bonheur.
Voilà, une feuille, 4 zhong. Alors, toujours cher ?
Essayez...

09 avril 2007

Comparaison de deux Pu Er crus: Xiaguan Tuo Cha jia Ji 2000 Vs Golden Ribbon 2004.
Cahier des charges 2g en zhong.
J'avais envie de tester ces deux références que l'on annonce volontiers comme les deux meilleurs TC d'une maison réputée pour cette forme de Pu Er, le GR étant donné comme supérieur.
J'avais commandé en Chine quelques exemplaires de chaque et n'avais pas encore trouvé le temps de faire des essais.






Les feuilles rincées sont riches en surprises.



Le JJ tire sur le fruit sec brûlé (amandes ?) alors que le GR est plutôt sur des notes de tabac brun froid (sic...) avec une pointe d'acidité et davantage de profondeur. On est loin des Pu Er faciles et flatteurs au nez.










Le GR présente des infusions jaune d'or d'un caractère sombre, lègèrement brûlées, pourvues d'une subtile astringence, sans amertume. L'ensemble est très orchestré, assez complexe, masculin avec des accents de terre brûlée. Cela me rappelle un incendie pendant mon enfance. Il faut espérer que ce nez peu avenant changera avec le temps car la bouche est plaisante et offre quelques promesses.








Le JJ est plus classique, d'aspect d'abord avec ses reflets orangés, sa fraîcheur et sa souplesse sont appréciables. Abricot, raisin sec, un peu de gras en bouche. Un après goût assez tanique avec quelques arrêtes vives sur les côtés de la langue. C'est moins homogène que le GR mais plus facile.




En conclusion, une dégustation correcte qui n'offre pas de réel plaisir à ce stade.


Le temps dira si la réputation de ces thés est méritée mais j'ai fréquenté des références du même âge nettement plus accessibles.

08 avril 2007


J'évoquais il y a peu la possibilité de diversifier les sources d'approvisionnement en thé notamment pour enrichir notre maigre expérience du sujet.
Je n'insisterai pas sur les médiocres crus qui ont pu me parvenir et vous invite à une vigilance de tous les instants. Dans cette foire à la piquette, une arrivée récente m'a agréablement surpris et semblé au dessus de l'ordinaire. Il s'agit d'une petite galette de 125g nommée "King of bang wai Mountain Lancang ancient tree" en provenance de Yunnan Sourcing. A 13US$, ce thé se justifie pleinement. Les feuilles rincées développent une parfum riche en sève, assez tenace, au fûmé élégant. Les petites feuilles d'un vert tendre, à la bordure dentelée et à la pointe rousse s'expriment avec une certaine distinction. Les infusions évoquent la fleur de sel, la douceur et un fruité agréable. Peu tanique ou amer, ce thé offre quelques promesses même si je dois vous confier que sa comparaison directe avec les galettes 36 à 38 de la Maison des Trois Thés s'est révélée cruelle... Son manque de fond et de gras sont particulièrement remarquables au regard de ce qu'offrent les trois galettes de la Place Monge.






Comme un parfum d'infusion lointaine...


Au dégustateur inquiet qui cherche ses repères dans la nouvelle donne des Pu Er jeunes, je conseille l'étude de la galette n°36 1998 qui me semble illustrer idéalement ce que l'on peut attendre d'un thé entre deux âges. A mi chemin entre la jeunesse fruitée des années suivantes et le caractère plus sombre des Pu Er tels que nous en conservons le souvenir en tête, il développe des parfums et des saveurs de fruits d'été, une fraîcheur appréciable ainsi que le caractère ambré et mystérieux de nos références. La qualité du travail permet ici la rencontre d'un thé pur et transparent dont les infusions sont débarrassés de ce voile trouble qui vient souvent encombrer les Pu Er anciens. Pour comprendre ce que j'évoque, concentrez-vous sur les infusions lointaines de vos références. Elles atteignent souvent cette transparence qui fait défaut aux premiers passages.

29 mars 2007


En ces temps aventureux où le dégustateur goûte, regoûte, se dégoûte, l'expérience d'un vrai, grand, vieux et noble Pu Er cru relève de l'expérience sacrée. Fermez les yeux, passez en revue vos moments de grâce. Là, voilà, vous y êtes. C'est bon, non ?

Facile de faire remonter les souvenirs, les beaux, les grands. Les grands thés ne sont pas légions, pas même à la Maison des Trois Thés. Alors... lorsqu'un seigneur apparaît sur la carte, c'est un moment d'exception. Un moment comme celui vécu il y a une semaine avec le retour à la carte de la brique n°13 de 1988. Cela ne vous dit peut-être rien, elle avait disparu un temps et se trouve de nouveau à la dégustation et à la vente. Mais hélas, pas pour tous. Pensez donc, un euro le gramme... Mais au moins une fois, il faut avoir approché le phénomène sur place, concentré, seul avec soi même et un peu de temps, une poignée d'heures pour faire connaissance avec ce géant. Car il y a tout dans ce thé: les effluves mentholées, profondes, la persistance aromatique, la sagesse et la sévérité, la longueur en bouche grandiose, cette présence comme celle d'un silex trouvé au bord d'une source d'eau de montagne. Sauvage. Une minéralité qui imprime le palais et parfume de vieux bois la bouche toute entière. Regardez le disque vert, découvert par Christophe toujours à l'affût, épouser les bords de la tasse . Et ces infusions lointaines tellement vertébrées, avec cette finale tendue comme un arc et un dernier souvenir de dégustation poivré capturé pour quelques minutes encore. Respect...

26 mars 2007



Au terme d'une comparaison que j'ai voulue sérieuse pour une fois, je peux vous donner quelques pistes se rapportant à ces trois nouveautés que sont les vracs 1996 n°22, 1997 n°23 et 1998 n°24.
Le n°22 présente de petites feuilles brunes d'aspect assez classique. Les feuilles réhydratées offrent un parfum subtil légèrement iodé, salé, évoque la noisette grillée. En bouche, il est l'expression même de l'élégance. Rien ne dépasse, ni ne vient heurter le nez ou le palais. Tout est parfaitement orchestré. On dirait un vieux thé sage et fondu. Le seul trait qui le différencie d'un grand et vieux Pu Er est la discrétion et sa complexité relativement modeste. Mais il y a de la matière derrière cette retenue. Justesse.
Le n°23 et ses grandes et larges feuilles brunes est plus végétal, davantage sur les fruits frais (mangue verte, mirabelle, agrumes) et les légumes verts (un peu à la façon d'un carré 1980, toutes proportions gardées. Il présente une longue, très longue finale fraîche et subtilement amère, comme une amande à peine sortie de sa coque que l'on aurait gardée sur la langue. Ce thé est une bouffée d'air frais. C'est le plus jeune, tendre d'esprit.
Le n°24 et ses larges feuilles marron est le bad boy de la famille avec son nez fauve, musqué. Il porte le cuir et la fourrure et ne s'en laisse pas conter. Il est plus gourmand aussi, amande grillée, bois (rappelle le vrac 1993 en plus élégant), prune noire gorgée de soleil et de sucre. Mais aucune lourdeur dans ces infusions limpides. Un sauvageon, tout de même.
Au terme de cette comparaison partiale et succincte, il me semble que ces thés se complètent merveilleusement et feront le bonheur des dégustateurs.
Difficile pour moi de faire un choix ou un classement. Le premier est le plus homogène, le deuxième, le plus vivifiant et le dernier, le plus animal.
C'est déjà beaucoup pour le prix.

25 mars 2007


Chers Tous,

J'en appelle à tous les déçus, les frustrés, les fauchés, à tous ceux qui n'ont plus que haine et désespoir, à toutes les victimes de la hausse des prix du thé. "N'ayez pas peur" disait l'homme en blanc. Aimez-vous comme l'on vous a aimé. La voie du Sauveur est ouverte, le chemin de la Lumière, tout tracé.
Résiliez votre compte Paypal, gardez votre bien, n'ouvrez plus la porte au postier car j'ai le plaisir de vous annoncer la riposte de la Maison des Trois Thés. Une nouvelle trilogie de vracs simples, très abordables (18/20/22 euros les 100g) dans lesquels chacun retrouvera le goût et le parfum de la madeleine de son enfance. Ne regrettez plus vos 92 et 93 qui vous donnaient des plaisirs simples, francs et rassurants. Le printemps 2007 apporte son lot d'espoir. Je rentrerai dans le détail lors d'un prochain post mais j'ai testé pour vous avec plaisir les 1996 et 1998 et c'est une réussite ! Non, la Maison des Trois Thés ne néglige pas le dégustateur modeste, elle le respecte, lui propose certes des thés d'exception bâtis pour un avenir tellement prometteur mais aussi des Pu Erh de consommation courante. Des thés sans lesquels les dégustations de référence ne seraient pas si bien mises en valeur. Des thés qui donnent envie d'attendre les instants privilégiés avec sérénité.

20 mars 2007







Galette n°41 2003.



Achat mutualisé à l'initiative de Christophe, cette galette me semble constituer une étape importante dans l'histoire de la dégustation de thés de la famille des Pu Erh. Après quelques déceptions dans l'exploration des jeunes Pu Erh, je découvre avec plaisir la partie émergée de ce thé plus que prometteur. Des infusions pales mais d'une grande transparence, un nez délicatement fumé , gourmand et sucré, aucune amertume en bouche et l'évocation de fruits d'été: abricot, poire, melon. Une race évidente avec une signature mentholée, un jus plein de sève, une énergie palpable. Enfin, une résistance aux infusions impressionnante et la sensation de faire face à un volume plein, rond, homogène, comme une sphère en mouvement. Une, deux, trois, cinq, huit, dix, douze infusions avec deux grammes de thé. Assez ! Ce thé ne connaîtrait-il donc pas de repos ! Je quitte le champ de bataille, rompu à tant de promesses pour nos vieux jours.

19 mars 2007


Nous avons tous en tête l’effort qu’il faut réaliser pour conclure qu’un jeune Pu Er cru est ou non prometteur.
Effort souvent vain puisque nous n’avons pas toujours l’expérience et le discernement pour réaliser si le produit que nous avons en main est ou non réellement de qualité.
Nous nous réfugions, probablement à raison, derrière une règle simple : si c’est bon jeune, ça devrait au moins le rester, si ce n’est progresser.
Partant de ce postulat, nous pouvons passer à côté de jolis thés ingrats dans leur jeunesse mais plein d’avenir.
C’est la vie…
Pour ce qui est des cuits, l’équation est en théorie plus simple : ce n’est pas destiné à évoluer énormément donc, il ne faut pas miser sur l’avenir pour améliorer une situation décevante.
J’observe que les mauvais cuits ont dès les premières infusions un goût rance. Pour comprendre ce que je dis, vous prenez le très sympathique et gourmand cube 1987 de la M3T, vous le faites infuser une ou deux fois et vous le laissez dans la théière pendant 3 jours. Vous allez tout de suite comprendre. C’est à ça que ressemble un mauvais cuit. Il y a aussi parmi les mauvais cuits, ceux qui ne modifient l’eau qu’en apparence.
C’est coloré et cela n’a pratiquement aucun goût.
Bref, ça ressemble à du rendement intensif.
Maintenant, on peut se demander s’il est facile de distinguer un vieux cru d’un cuit. Pas si évident.
Demandez-vous par exemple quelles références de la M3T sont cuites. Il se peut que l’on se fasse des idées fausses, d’autant que notre fournisseur préféré est peu disert sur le sujet.

12 mars 2007


La guerre des spécialiste peut avoir lieu sans moi.

Je vous demande pardon. J'ai essayé mais ne suis pas parvenu à m'intéresser à la technique du thé. Phénomène masculin consistant à devenir spécialiste, de rien, de tout. Se perdre dans les détails et manquer l'essentiel. Je fixe la vapeur qui s'échappe du bec de la bouilloire depuis si longtemps que j'en a oublié la rue qui palpite. Les sensations du thé, le nez, la bouche, le vide spirituel, la quête de l'apesenteur. Oublier, savoir oublier la technique du thé, la récolte, la fabrication, le stockage, l'aspect, tout oublier sauf l'écoute du corps, le sentir mollir, oser la transparence et le retour vers soi.

27 février 2007


S'il n'en restait qu'une...


Il en est des objets comme des personnes: la fascination qu'ils exercent parfois sur nous n'est pas toujours rationnelle.

Il y a entre moi et cette théière un "je ne sais quoi" de pas très raisonnable.

A l'heure du choix, c'est presque toujours elle qui gagne sa place à la table de dégustation.

Elle puise à merveille dans les arcanes des Pu Er anciens, en dévoile les souvenirs les plus lointains, s'adresse aux jeunes avec compassion, flatte leur vigueur tout en en civilisant leur discours.

En partenaire fidèle, elle est une main tendue et toujours disponible pour un voyage dans le temps.

Comme un juste retour des choses, le Pu Er est redécouvert par la Chine, s’invite à la table de la nouvelle bourgeoisie locale, sort de la confidence et goûte à la dure loi de l’offre et de la demande.

Le dégustateur privilégié jusqu’alors, qu’il vienne d’Orient ou d’Occident voit son loisir quotidien brutalement élevé au rang d’exception.

Le Pu Er retrouve sa noblesse en raison de la rareté de l’offre de qualité et de l’effort financier qu’il suppose dorénavant.

Le regard du dégustateur sur sa collection change irrémédiablement. La main plongée dans la cave à thé hésite, reste suspendue, comme saisie d’effroi puis épargne de plus en plus souvent les précieuses et rares galettes anciennes.

Le dégustateur se créé des évènements pour célébrer ses crus les plus nobles.

Il porte un regard différent sur ses références, inspecte, compte, liste, répertorie, vérifie ses stocks.

Le Pu Er s’est vengé d’avoir été traité comme une boisson et rappelle à nos consciences qu’il est un trésor.

22 juillet 2006


Le choc des cultures, des raffinements permet l'impensable. Allier l'épure orientale au luxe ostentatoire occidental. Lié par un pacte sacré, le dégustateur ne peut s'affranchir d'outils premiers: théière de potier, nobles feuilles de thé, eau filtrée. Aussi ne lui reste-t-il que les accessoires secondaires pour marquer de son empreinte la célébration du thé. Théière de réserve, bateau à thé, poubelle, nappe, pinceau, tasses célèbrent son royaume et peuvent arborer ses couleurs. La tentation du luxe est grande et dangereuse, l'équilibre entre l'abandon et l'affirmation de soi fragile. Il appartient à l'amateur de trouver la voie de son plaisir sans trahir l'esprit du thé.

21 juillet 2006


Boisson des voyageurs par excellence, le thé se pare de toutes les apparences pour suivre son admirateur au fil de ses déplacements. Emballé, façonné, compressé, il sait se montrer discret pour mieux dévoiler ses atouts, le moment venu. A l'ombre d'un jardin fleuri de quelque palais du radjahstan ou face à la mer du nord, au creux d'un fjord, observant le ballet incessant des goélands projetant des jeux d'ombres sur la surface irisée de l'eau calme, couleur argent, le "Wanderer" fait étape, délasse sa carcasse fatiguée, profite du silence et tente d'arrêter le temps.
Les précieuses théières sont restées à la maison, comme une invitation au retour. Alors, il sort de son sac de voyage un zhong et quelques grammes de thé qu'il confronte à l'eau locale, parfois avec bonheur.
Il semble ainsi qu'ici mieux qu'ailleurs, le thé ait pris son temps.

10 mai 2006


Préparer une dégustation.
On n’affronte pas un thé naïvement. Intimer aux feuilles de révéler leurs plus délicats atouts impose une certaine préparation. Il faut mettre en condition l’âme et le corps afin que la fête soit totale. Chasser les mauvais songes, libérer l’esprit, mais aussi assainir le palais, préparer les papilles demande concentration et savoir faire. Bannir les repas trop riches ou arrosés qui donnent soif et transforment la dégustation en orgie à l’eau chaude, espacer la dégustation des repas de plusieurs heures afin que leur souvenir ne soit pas trop vivace. Privilégier le pain au naturel aux mets sophistiqués, savourer sa simplicité, pendant solide à la pure infusion. Dormir afin que le corps soit reposé, disponible à l’éveil des sens. Adopter une position confortable pour la préparation du thé, assise, sans excès de confort afin que l’attention soit possible, dans un environnement calme. Enfin, trouver un lieu suffisamment chaud pour que les arômes ne soient pas bridés par la fraîcheur, mais sans excès. Puis, laisser monter l’envie de thé en pensant à l’avance au bonheur qu’elle procure. Faire du thé un but et non un moyen.