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29 décembre 2008


Vous en prendrez bien encore une petite couche ?

Voici ma seconde acquisition de cet hiver.

Ce sera la dernière avant longtemps et contrairement Philippe, je suis crédible quand j'avance sur ce terrain là.

Je cherchais depuis longtemps une théière pour les Dan Cong.

Je pense que les bonnes théières pour cette famille sont difficiles à trouver.

Il faut des parois fines pour une montée en température rapide mais également une terre qui conserve la température entre les infusions pour ne pas repartir avec une théière tiède entre chaque infusion. Enfin, il faut une terre noble pour aller loin dans l'expression et un volume suffisant pour que les feuilles puissent s'épanouir, ce dernier critère m'apparaît de plus en plus évident avec le temps.

Ca fait beaucoup de critères et ça ne se trouve pas facilement.

Avec cette théière, j'ai eu la chance de remplir le cahier des charges et, cerise sur le gâteau, l'esthétique est une réussite notamment avec un grain de terre d'une grande finesse.

Je n'ai fait que quelques essais mais ils m'ont semblé très concluants avec notamment la capacité de concilier une analyse très poussée des parfums et saveurs en même temps que des infusions riches en bouche. Même si l'on attendra jamais l'explosivité des parfums qu'offre le zhong, on pénètre avec cette théière un univers fait de liqueurs charnues et capiteuses qui ne me déplaît pas.
Et puis, ce bruit de sabre que l'on dégaine lorsque l'on retire le couvercle à longues lèvres est un régal...

Bon désolé, Philippe, j'ai encore tiré le premier...

16 décembre 2008



Bon les jeunes .... ?!
Vous êtes là ?
Ok, alors j'vais pas vous la tartiner façon tailleur vénitien.
Du gros, du gras, du lourd.
Des faits !

Voilà, dans le droit fil de mon sentiment du moment, c'est à dire "c'est qui l'patron ?!?", j'ai décidé de tester ma théière à Pu Er en terre soit disant épuisée (c'est moi qui m'épuise à force d'entendre ce couplet) avec .... un Dan Cong.
Allez, zou ! un p'tit Ba Yé 3, autrement dit, du tout bon, 5g, de l'eau chaude optimale ( Brita 8 jours) et roule !

Première infusion, 45", histoire de détendre mémère. Un peu raide, en bouche, pas très révélateur des capacités du thé et un nez décevant.

Round 2: 2'30" Résultat: beurk ! Du jus de métal ! Y a pas à dire, l'effet mémoire des théières, c'est pas du roman. Ah si vous aimez le minéral, ça va être la fête. Pour les autres, circulez...


Acte 2: changement de décor. On vide grand-mère et on transvase dans ma théière à Rocher.
Je me dis que le retour dans la maison des Wulong fera du bien. J'attaque sec avec 3'.
Du bon, du moelleux, du fond et du nez. Bref, ça va nettement mieux. Pourtant, la théière est plus grosse et j'ai même perdu quelques unes des feuilles dans le déménagement de peur d'abîmer le culottage de la première.


A l'heure du bilan. C'est intéressant. D'abord parce que sans vouloir tirer de généralités, l'expérience Dan Cong dans une théière à Pu Er est un échec clair et net. Ensuite, parce que même avec la seconde, ce que je pensais déjà se confirme: on perd trop au nez en fraîcheur en comparaison avec le zhong. Mais bon, aucune n'était culottée pour cette famille de thés.


Par contre, il y a quelques semaines, j'ai eu une belle expérience de dégustation de Dan Cong en théière à la M3T avec une liqueur tout en relief, un nez capiteux et expressif, de la mâche et une très enviable longueur en bouche. Tout cela avec un Ba Yé 4, pourtant plus modeste que le n°3.


Il y a donc matière à creuser et à renouveler les expériences.




16 novembre 2008








La théorie du dromadaire,

Comme vous ne l'ignorez pas, c'est le chameau qui a deux bosses. Si les enfants vous demandent comment s'en souvenir, dites leur que cha-meau = 2 syllabes et 2 bosses. Clair ?
Bon, revenons au thé. Oui, c'est bien de thé qu'il s'agit et plus précisément de wulong, wu-long, comme le chameau, mais revenons au dromadaire. Si vous dessinez la bosse de l'animal, vous devez partir d'en bas à gauche, oui là... puis remonter selon une courbe délicate, en suivant une pente douce mais haute. Puis, vous arrivez au sommet et redescendez vers la droite dans un mouvement symétrique au début de votre dessin.

Vous suivez ?

Bien... vous savez dessiner une courbe de Gauss, une bosse de chameau, heu non, de dromadaire, pardon.

Mais vous savez aussi dessiner une courbe d'amertume de wulong.

Eh oui, on ne va pas parler que de camélidés, tout de même.

J'ai découvert récemment que les wulong infusés assez longtemps perdent l'amertume qu'ils peuvent présenter sur des infusions de durée moyenne. Etonnant, non ?
Faites l'expérience avec plusieurs de vos références, c'est parfois édifiant.

Les infusions courtes sont satisfaisantes parce qu'elles sont délicates et qu'elles mettent en valeur les parfums mais la liqueur manque souvent de matière. Avec une infusion de durée intermédiaire, vous récupérez la matière mais vous vous prenez souvent une correction du point de vue de l'amertume.

Avec certains thés, je ne dis pas que cela marche chaque fois, ni que je maîtrise parfaitement la technique, une infusion longue, disons au-delà de 45" pour 4g de thé non usé en théière par exemple, vous allez découvrir tout un monde de promesses insoupçonnées.

A tel point qu'il est difficile de reconnaître certains thés que l'on avait appris à seulement effleurer.

J'ai encore fait l'expérience aujourd'hui sur ce formidable petit Bayé Dan Cong 4.

Départ à 15" puis 1mn, puis 2, puis 3, franchement et sans crainte.

Epatant !

09 novembre 2007




Un rendez-vous important...


Poursuivant l'exploration des Dan Cong, j'ai suivi le conseil de l'un d'entre vous qui se reconnaîtra et acheté une boîte de Zhu Yé. Autant le préciser d'entrée, si vous êtes un peu "short" en ce moment, ne regardez pas le prix au gramme... 39 euros / 30g, on entre clairement dans une gamme de prestige. Mais... quel bond en avant !


Je vous le confesse tout net, c'est l'un des plus beau Dan Cong que j'aie pu déguster jusqu'ici. On est au-delà des mots et de toute tentative de description.

Je m'y hasarde toutefois.

Un nez très complexe avec des notes de fruits: ananas et mangue rôtis, calisson, des notes boulangères de pain chaud.

En bouche, c'est le festival: comme un démon, le thé se jette au palais et emprisonne la langue avec une effervescence poivrée unique.

Il y a une vraie personnalité dans ce thé. C'est toujours émouvant de voir que l'on peut aller si loin dans le raffinement avec quelques feuilles de thé. Faut-il vous préciser que la longueur en bouche est interminable et qu'il tient très bien les infusions lointaines ?






Pour cette expérience unique, j'ai suivi le même protocole que la fois précédente en alternant le zhong et la théière. Infusion 1, 3, 5, 6 et 7 en zhong; infusion 2 et 4 en théière.


Mon sentiment se confirme et s'accentue: je préfère nettement le zhong. On perd trop en fraîcheur, en dynamique et en détail avec la théière. La tasse à sentir n'a rien à voir avec le couvercle du zhong. La rondeur gagnée ne me semble pas compenser l'imprécision. Quand je pense que j'ai en main une théière de très grande classe, je me dis que ce n'est pas la peine d'insister en ce qui me concerne car, encore une fois, je ne prétends pas à l'universalité. Il s'agit bel et bien un choix d'esthétique de dégustation et de priorité.



04 novembre 2007



Il y a longtemps que je voulais comparer le zhong et la théière pour la préparation des Dan Cong. J'ai réalisé mes essais avec un Bai Yé Dan Dong 3 fraîchement acquis. Autant le dire tout de suite, la différence n'est pas énoooooorme. Non, on est davantage dans le domaine du subtil, de plaisirs, de sensations différentes. Les gestes y sont pour beaucoup. Et puis, la théière est plus performante pour les infusions longues car elle garde mieux la température que la porcelaine.
Cela posé, il faut retenir plusieurs éléments. D'abord, il faut une très bonne théière qui tire le maximum des feuilles et reste bien chaude, ne vient pas trop arrondir ou masquer les parfums et saveurs tout en ajoutant ce liant qui est moins net avec la porcelaine. J'ai le sentiment qu'une théière pour ce type de thés devra être fine et très réactive pour une montée en température éclair.
la petite Zhuni "chaudron" est un modèle du genre. Le zhong sera toujours plus précis pour une analyse du thé et notamment de ses premières intentions. La fraîcheur des parfums, le croquant, le fruité propre aux Dan Cong sera parfaitement restitué avec le couvercle du zhong. Mais pas de grosse frustration à mon sens pour ceux qui ne pourront pas investir dans une théière de potier en terre épuisée de Yixing. Un zhong à 5$ donnera déjà de grandes satisfactions. Il me semble que la théière s'impose davantage pour les Rocher et surtout pour les Pu Er qui demandent de soigner la mâche, le "tombé en bouche", l'orchestration des saveurs.

Vous aurez peut-être un avis différent, des priorités différentes. Mais avant d'investir dans une théière de potier, il convient de déterminer ce que l'on recherche comme sensation, dresser un cahier des charges. Personnellement, je ne me vois pas déguster les Rocher en zhong, j'ai essayé; il me manque quelque chose. Dans le cas des Dan Cong, même si pour l'heure je manque de recul, je suis moins exigeant. Pour l'instant...

02 juin 2007


Vague surréaliste

N’avez–vous jamais eu le sentiment que la réalité vous échappait, que vous viviez les évènements dans un univers parallèle, que la réalité était si déconnectée de la norme qu’elle en devenait à peine croyable ?

Ces instants peuvent inquiéter, donner le sentiment que l’on ne maîtrise plus rien mais également inspirer confiance, laisser penser que l’aventure de la vie laisse réserve encore quelques surprises.

Hier, par exemple, lorsque de retour du bureau, je me prépare, en guise d’apéritif un Mi Lan Xiang 5 en écoutant le second trio de Schubert, et que je laisse venir calmement et seul, le sentiment du week-end, tentant de relâcher mes mécanismes de veille, les sentinelles qui oeuvrent à laisser émerger en permanence les arrêtes les plus saillantes des soucis du quotidien. Je suis bien, presque détendu, uniquement occupé à puiser dans le couvercle renversé de mon zhong les parfums les plus délicats.

L’œuvre s’achève et appelle un bref silence de remerciement.

Puis, j’allume la radio et replonge dans la réalité mais curieusement pas dans celle qui nous rattrape toujours, non, plutôt dans une espèce de palier de décompression encore baigné de surréalisme.
J’apprends que la cousine de Ségolène Royal est élue Front National (premier choc) et vient de s’enchaîner (second choc) pour la nuit à un pied de vigne afin de militer pour la cause des viticulteurs.
Il me reste à renverser la tête en arrière, relancer la bouilloire pour la prochaine infusion et me dire que la vie est formidable.


10 mai 2007


Zhi Lan Xiang 1

Dernière de mes découvertes dans le monde des Dan Cong. Symbole fort d'un équilibre presque

parfait. Sorte de quadrature du cercle. Un nez de fruit d'été (abricot, pêche, poire et même des notes de fruits rouges) mais également des notes patissières, de crème d'amande d'une grande subtilité. Peut-être le wulong le plus difficile à décrire qui m'ait été donné de goûter. Une infusion jaune pale qui cache ses richesses. Au fil des infusions, un parfum de cuisson de confiture de citron me parviendra. Et toujours une mâche, une profondeur, une présence qui sont la marque des très beaux thés.

22 avril 2007


A la recherche d'un sentiment estival propre à célebrer l'arrivée des beaux jours, je me lance dans l'exploration d'une famille de thés vantée pour sa richesse et sa délicatesse: les Dan Cong.

Les premiers à passer ma porte sont les Mi Lan Xiang 3 et 5. Dans les deux cas, nous avons à faire à de très beaux thés. Le premier bien que plus simple offre sa vivacité, son opulence, une spontanéité sur des notes de mangue fraîche. Un délice !



Le second, en grand seigneur, présente une très louable complexité, une variété de parfums de fruits frais d'été: mangue toujours mais aussi pêche et peut-être aussi un soupçon de sirop maison de fraises, comme un appel à de lointains souvenirs d'enfance.

12 mars 2007


La guerre des spécialiste peut avoir lieu sans moi.

Je vous demande pardon. J'ai essayé mais ne suis pas parvenu à m'intéresser à la technique du thé. Phénomène masculin consistant à devenir spécialiste, de rien, de tout. Se perdre dans les détails et manquer l'essentiel. Je fixe la vapeur qui s'échappe du bec de la bouilloire depuis si longtemps que j'en a oublié la rue qui palpite. Les sensations du thé, le nez, la bouche, le vide spirituel, la quête de l'apesenteur. Oublier, savoir oublier la technique du thé, la récolte, la fabrication, le stockage, l'aspect, tout oublier sauf l'écoute du corps, le sentir mollir, oser la transparence et le retour vers soi.